Un agent de sécurité passe entre 8 et 12 heures debout ou en déplacement par vacation, sur des sols aussi variés qu’un carrelage de centre commercial, un parking humide ou le bitume d’un site industriel. Dans ces conditions, le choix de la chaussure n’est pas anodin : il conditionne la fatigue en fin de shift, la prévention des accidents et le respect des exigences professionnelles. Le tout, en conservant une tenue soignée.
Ce que dit la norme : S1, S2, S3… décryptage rapide
La norme européenne EN ISO 20345 est la référence pour toute chaussure de sécurité professionnelle : elle impose un embout résistant à un impact de 200 joules. C’est deux fois plus que la norme EN ISO 20346 (dite « chaussure de protection ») et à ne pas confondre avec la EN ISO 20347, qui désigne les simples chaussures de travail sans embout.
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Au sein de la norme 20345, plusieurs niveaux existent. Le S1 couvre la base : talon fermé, propriétés antistatiques, absorption d’énergie. Le S1P y ajoute une semelle anti-perforation. Le S3 intègre en plus une résistance à la pénétration d’eau et une semelle à crampons, utile pour les rondes extérieures. Pour un gardiennage en bâtiment, le S1 ou S1P suffit généralement ; pour les patrouilles sur chantier ou en plein air, le S3 s’impose.
À noter : depuis mai 2023, une version révisée de la norme (EN ISO 20345:2022) est officiellement harmonisée en Europe. Elle renforce notamment les tests de résistance au glissement et introduit de nouveaux marquages (S6, S7 pour les chaussures imperméables). Jusqu’en novembre 2029, l’ancienne version (2022:2011) reste légalement valide : vérifiez simplement l’étiquetage au moment de l’achat.
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Les critères concrets qui font la différence au quotidien
La norme fixe le plancher, mais le confort se joue ailleurs. La tige en cuir pleine fleur reste la référence : respirante, durable, facile à entretenir et compatible avec l’image soignée qu’impose le métier. Les matières synthétiques sont plus légères mais s’usent plus vite et ventilent moins.
La semelle en polyuréthane (PU) offre légèreté et amorti, précieux lors de longues heures debout. Une version bi-densité PU/caoutchouc combine ces avantages à une meilleure résistance à l’usure. Côté embout, le composite (fibre de verre, carbone ou kevlar) mérite d’être privilégié dans les postes avec portiques de sécurité, comme les aéroports ou les palais de justice, où un embout acier pose problème. Il est aussi plus léger et non conducteur thermique, un avantage lors de gardes en extérieur l’hiver.
La hauteur de tige, enfin, dépend du terrain : une chaussure basse de type Derby convient à l’intérieur pour sa légèreté, un bottillon mi-haut sécurise la cheville pour les missions extérieures. Une semelle intérieure amovible et anatomique permet de la remplacer selon l’usure ou la morphologie du pied.
En France, c’est l’employeur qui est légalement tenu de fournir les équipements de protection individuelle, chaussures comprises (Code du travail, articles R4321-1 et suivants). Certaines conventions collectives prévoient toutefois que l’agent choisisse sa propre paire : dans ce cas, connaître les critères techniques permet de faire un choix éclairé plutôt que de s’en remettre au premier modèle venu.

